MI NOCHE

[Projet réalisé online pendant le confinement] Image, voix & performance – NATASCHA WIESE Musique originale – MAXIME LENIK Montage – ARNAUD KHAYADJANIAN D’après les lettres de Frida Kahlo “Ma nuit est comme un grand cœur qui bat. 
Il est trois…

MI NOCHE

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[Projet réalisé online pendant le confinement]

Image, voix & performance – NATASCHA WIESE
Musique originale – MAXIME LENIK
Montage – ARNAUD KHAYADJANIAN
D’après les lettres de Frida Kahlo

“Ma nuit est comme un grand cœur qui bat.
Il est trois heures trente du matin.

Mon coeur est une nuit sans lune.

Ma nuit est longue et longue et longue et semble toujours s’étirer vers une fin incertaine.

Ma nuit me précipite dans ton absence.

Je te cherche, je cherche ton corps immense à côté du mien, ton souffle, ta chaleur.

Je cherche un point de contact : ta peau. Où es-tu ? Où es-tu ?
Je me tourne dans tous les sens, l’oreiller humide, ma joue s’y colle, mes cheveux mouillés contre mes tempes.

Mon corps te veut ici.

Mon corps, ce corps mutilé, voudrait un moment s’oublier dans ta chaleur, mon corps appelle quelques heures de sérénité.

Ma nuit sait que j’aimerais te regarder, suivre avec mes mains chaque courbe de ton corps, reconnaître ton visage et le caresser.

Ma nuit m’étouffe de ton absence.

Ma nuit palpite d’amour, celui que j’essaie de réprimer mais qui palpite dans la pénombre, dans chacune de mes fibres.

Mon corps a besoin de toi, tu m’as beaucoup guérie.

Ma nuit se creuse jusqu’à ne plus sentir la chair et le sentiment devient plus fort, plus aigu, dénué de la substance matérielle.
Ma nuit me brûle d’amour.

Il est quatre heures trente du matin.

Ma nuit m’épuise.

Ma nuit voudrait avoir des ailes qui voleraient jusqu’à toi,
t’envelopperaient dans ton sommeil et te ramèneraient à moi.
Dans ton sommeil, tu me sentirais près de toi et tes bras m’enlaceraient sans que tu te réveilles.

Ma nuit a envie de m’habiller et de me pousser dehors en recherche de mon homme.

Mais ma nuit sait que tout ce que l’on nomme folie, de tout ordre, origine du désordre, est interdit.

Ma nuit t’aime de toute sa profondeur, et de ma profondeur elle résonne
aussi.

Ma nuit t’attend. Mon corps t’attend.

Ma nuit voudrait que tu reposes au creux de mon épaule et que je me repose au creux de la tienne.

Ma nuit voudrait voir nos regards et avoir nos regards chargés de désir.

Ma nuit voudrait tenir entre ses mains chaque spasme.

Ma nuit gémit en silence sa solitude au souvenir de toi.

Ma nuit te cherche et meurt de ne pas te savoir là et me tue.

Ma nuit te cherche sans cesse.

Mon corps ne parvient pas à concevoir que quelques rues ou une géographie quelconque nous séparent.

Mon corps devient fou de douleur de ne pouvoir reconnaître au milieu de ma nuit ta silhouette ou ton ombre.

Mon corps voudrait t’embrasser dans ton sommeil.

Mon corps voudrait en pleine nuit dormir et dans ces ténèbres être réveillé par ton baiser.

Ma nuit hurle et déchire ses voiles, ma nuit se cogne à son propre silence, mais ton corps reste introuvable. Tu me manques tant. Et tes mots. Et ta couleur.

Le jour va bientôt se lever.”

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